CONNEXION horloge Bonjour, invité mail
 

Home > Actualité - Média > Débat & Vous > Paris outragé !…Mais Paris réhabilité !

Débat & Vous

Paris outragé !…Mais Paris réhabilité !

Paris outragé !…Mais Paris réhabilité !

A voir le nombre de chantier de réhabilitation que jalonne Paris on croirait presque que la capitale a dormi durant trente ans sur une mine d’or.


     A quoi pensait-on dans les années 60 et 70 ? A voir le nombre de chantier de réhabilitation que jalonne paris on croirait presque que la capitale a dormi durant trente ans sur une mine d'or. Ni or noir, ni or blanc, je dirais ... or « rouge brique ». Ce trésor, c'est le patrimoine industriel de Paris.

 

     Nous avons tous en tête l'acharnement qu'ont mis les autorités à détruire, entre 1969 et 1971, les anciennes halles de paris. On se rappelle de la levée de bouclier des parisiens de ce quartier, et de figures emblématiques comme Doisneau, lorsque la préfecture de police décida la destruction du ventre de paris, arguant qu'il hébergeait plusieurs centaines de milliers de rats. Seul survécu le pavillon numéro 8, transféré à Nogent, classé et renommé depuis Pavillon Baltard en l'honneur de l'architecte qui bâtit les halles sur ordre de Napoléon III.

 

     Mais d'autres bâtiments, moins bien situés dans le Paris de l'époque, plus à l'écart des quartiers alors en reconversion, ont eu la chance d'être abandonnées, oubliés. Ainsi on redécouvre, depuis l'an deux mille environ, des « lieux uniques » (clin d'œil aux nantais), anciennes usines, anciens hangars et anciens moulins (silos à grains et halles de stockage de farine), que l'on ne pense non seulement plus à détruire, mais à réhabiliter. Ainsi les Grands Moulins de Paris et la Halle aux farine ... dédiées aux nouveau locaux de l'université Paris Diderot. L'ancienne usine d'air comprimé de la Sudac ? L'école d'architecture du val de seine y a emménagé à la dernière rentrée. Quant à la halle Freyssinet (du nom de l'ingénieur et architecte inventeur du béton précontraint), qui abrite aujourd'hui la Sernam (opérateur de transport et de logistique), on pense l'intégrer dans le projet de déménagement du palis de justice de paris.

 

     Quel point commun entre tous ces chantiers de réhabilitation ? Ils se situent tous dans le 13e arrondissement. Ce 13e, arrondissement caractéristique de l'est parisien, qu'on a laissé à l'abandon jusqu'à ce qu'un président décide de lui offrir son ultime chef d'œuvre, là entre les rails d'Austerlitz et la seine. C'est François Mitterrand et sa bibliothèque qui ont commencé de redonner à ce quartier dynamisme et espoir, comme cette passerelle jetée sur la seine, entre Bercy et Tolbiac, et nommée Simone de Beauvoir.

 

     C'est tout un quartier qui reprend donc vie, malgré la mauvaise volonté de beaucoup, comme celle de la profession judiciaire, qui n'entend pas quitter ainsi l'île de la cité pour rejoindre tolbiac. C'est pourtant ce souhaite la municipalité de paris avec son projet de recouvrement des rails de la gare d'Austerlitz, centré autour de la halle Freyssinet. Projet qui s'oppose à celui de la chancellerie qui se verrait plutôt investir un autre illustre monument, l'Hôtel Dieu. Ainsi la reconversion et la réintégration de l'est parisien ne fait pas l'unanimité, et pour quelques années encore, ces arrondissements seront synonymes de paris sale et laborieux.

 

     Mais c'est sans compter sur le charme que dégagent ces lieux. Le raffinement et la prestance de l'architecture des Grands moulins de pantin (hors périphérique au nord est de paris) ont par exemple séduit BNP Paribas qui y implantera d'ici quelques années une partie de ses bureaux. Pourquoi choisir de reconvertir un ancien site industriel alors que cela revient une fois et demi plus cher que de bâtir de neuf ? Pour le romantisme pardi ! Trente ans d'oubli suffisent à donner à ces sites une atmosphère toute particulière. Et pour le coup de pub, également. Chantier immense, article de presse, bonne visibilité, les entreprises qui choisissent d'investir dans la friche industrielle s'attirent également les bonne grâces des parisiens, à la fois blasés par les tours de verre et las de contempler le long du boulevard périphérique des ruines aussi laides en hivers qu'énigmatiques dans un crépuscule d'été.

 

     Néanmoins un édifice fait débat, les frigos. Entre la BNF et Paris VII Diderot, un ancien hangar frigorifique, non pas squatté mais loué par un groupement d'artiste depuis les années 70, est à l'origine d'une profonde controverse. Repoussé par la spéculation immobilière, chassés de tous les anciens quartiers populaires, attirés par l'aura qu'une ville comme Berlin exerce aujourd'hui, les artistes semblent ne plus avoir leur place à paris, sauf dans quelques rares lieux comme les frigos.

 

     Tous ces chantiers, toutes ces controverses sont en marche. Ces quartiers n'ont plus rien à voir avec ce qu'ils étaient en 2000. Pour ceux qui voudraient être les témoins comme Doisneau d'un Paris qui change, c'est maintenant. Pas convaincu ? Observez Paris vu du ciel grâce à google maps, on pourrait croire que ces images satellite sont fidèles à la réalité, et pourtant plus rien ne correspond, tous ces lieux sont déjà méconnaissables ...


28/04/2008


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :

puce Jeux, sexe et spiritualité à l'épreuve de la modernité
puce Copé : pas de langue de bois à l’Assemblée
puce Boycotter les J.O. de Pékin le 8 août 2008
puce Les émeutes sans fin?
puce Les Français, petit peuple d’enfants gâtés

Commentaires

Poster un commentaire

ARTICLE A IMPRIMER

30/04/2008 17:55:00 - CHRIS

Poster un commentaire


On recrute...

actualite-media/monde1.gif

Tu es intéressé par l'actualité et la vie des médias? N'hésite pas et rejoins notre équipe de rédacteurs, permanents ou occasionnels ! Pour plus d'informations, contacte Marc.

Tu peux proposer directement tes articles en ligne en remplissant le formulaire ici.

Partenaires

société générale