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Home > Actualité - Média > Débat & Vous > Pour libérer les énergies, l’Europe doit être libérale
L’Europe n’est que rarement abordée par les candidats de cette élection présidentielle, et c’est bien dommage. Comment éluder cette question qui sera pourtant déterminante pour notre avenir et encore plus celui de nos enfants ?
La question de l'Europe « sociale » est au moins aussi importante en France : tantôt ressentie comme trop contraignante, tantôt accusée de ne pas assez réglementer, elle est toujours utilisée comme bouc-émissaire par l'ensemble de la classe politique.
En réalité il existe une Europe déjà largement « sociale ». L'Acte Unique en 1986, les traités de Maastricht en 1993 et d'Amsterdam en 1999 ont posé les bases d'une politique « sociale » européenne par l'intermédiaire d'un droit social communautaire. Pour les partisans d'une Europe « sociale », l'Europe doit permettre une harmonisation par le « haut » des conditions de travail, de l'emploi et de la protection sociale. Cette harmonisation sociale ne fixe pas de plancher mais un seuil, et chaque Etat garde sa législation si elle est plus favorable. Le but étant d'éviter la très redoutée harmonisation par le bas, ou harmonisation « ultralibérale ». Cette harmonisation « ultralibérale », c'est la libre circulation des travailleurs, la directive Bolkenstein, le fameux « plombier polonais ». C'est aussi les délocalisations massives vers des concurrents qui pratiquent le « dumping social ». En réalité, ces délocalisations ne représentent que 5% seulement des destructions totales d'emploi en France. Cette Europe-là, les électeurs français et néerlandais l'ont massivement rejetée avec le « NON et le « NEE » à la « constitution » européenne. A l'inverse, l'opinion publique britannique, à juste titre, s'opposait à ce projet d'une Europe ultra sociale, ultra protectrice. Si le fossé sur l'Europe « sociale » divise tant les Européens ne vaut-il pas mieux reléguer cette question aux oubliettes pour limiter les blocages et mieux faire avancer la construction européenne ?
Cette volonté d'harmoniser le droit « social » européen par le « haut » est en vérité une harmonisation par le bas des économies européennes en termes de croissance, c'est-à-dire le retour à l'égalitarisme, si cher au peuple français. Le modèle « social » européen se rapproche à vitesse grand v du fameux modèle social français, modèle qui excelle avec un taux de chômage qui frôle les 9% et une croissance parmi les plus faibles d'Europe. D'ailleurs, les pays nouvellement entrés dans l'UE ne vont pas tarder à s'apercevoir que cette Europe prétendument « sociale » est en réalité une Europe ultra destructrice d'emplois et de compétitivité. Mais surtout, cette Europe « sociale » a besoin de s'appuyer sur une logique de conflits entre les citoyens pour exister. Loin de régler les conflits sociaux, cette Europe, aidée par l'immense majorité de la classe politique européenne, a besoin de les attiser pour survivre. Cette Europe est en opposition totale avec l'esprit de (ré)conciliation des pères fondateurs et le traité de Rome du 25 mars 1957. L'Europe doit revenir sur ses pas et redevenir un puissant moteur de progrès économique et d'ouverture. Pour cela, elle doit abattre les frontières, favoriser la concurrence, liquider les monopoles, favoriser les réformes et freiner les dépenses publiques. Elle doit poursuivre l'abolition des quotas le long de ses frontières et permettre une libre circulation absolue. L'Europe doit libérer les Européens, elle doit être libérale.
Heureusement, les opposants à l'Europe « sociale » peuvent se rassurer : les Etats restent peu enclins à lâcher ce qu'ils considèrent comme faisant partie de leur souveraineté nationale et considèrent que le social est traité plus efficacement à l'échelle nationale qui tient compte de la taille du pays, du nombre d'habitants et des particularismes culturels.
16/11/2007
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