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Débat & Vous

Quand le MEDEF se syndicalise ...

Quand le MEDEF se syndicalise ...


Les syndicats ouvriers sont archaïques, le patronat ne cesse de le répéter. A chaque grève on rappelle l'héritage révolutionnaire des grandes confédérations syndicales, qui, lorsque des négociations échouent, en seraient systématiquement les responsables. Syndicat, pour la majorité le mot semblait désigner uniquement des défenseurs des ouvriers, des fonctionnaires...

 

Mais cet automne, alors qu'ils sont embourbés dans ce qui semble devenir le scandale politico financier de l'année, le MEDEF et l'UIMM ont décidé de révéler leur vraie nature. On voudrait nous faire croire que, sous couvert de leur allure de club huppé pour grands patrons ou d'association de petits entrepreneurs, les organisations patronales, qui tirent à boulets rouges sur le syndicalisme français - soi-disant pas assez progressiste - ne seraient rien d'autre que ... de simples syndicats. Excusez du peu ! Et, bien que leurs statuts juridiques soient des plus flous et des plus méconnus, le MEDEF et l'UIMM se présentent aujourd'hui, en pleine affaire Gauthier-Sauvagnac, comme banales organisations syndicales, venant au secours de la veuve et de l'orphelin.

 

Un syndicat est-il une caisse de secours ou un groupe de pression ? Un peu des deux, certainement. Mais quand l'UIMM déclare que les 600 millions d'euros qu'elle possède constituent un « fond de secours », on pense alors plutôt au moyen de pression qu'un tel pactole peut constituer.

 

Mais revenons-en au début de l'histoire. Le fait que l'UIMM soit l'héritière du Comité des Forges a été évoqué dans les média, certes. Mais cela est loin d'être anecdotique, il s'agit même d'une donnée fondamentale du problème. Le comité des forges a régné sur l'industrie française durant près d'un siècle. Il regroupait les héritiers des grands empires sidérurgiques et métallurgiques français. Y siégeaient les De Wendel, les Schneider et quelques autres familles, parmi les plus riches et influentes du pays. Catholiques en majorité et extrêmement pratiquantes, ces quelques familles, conservatrices mais néanmoins pragmatiques - ce pragmatisme qui faisait défaut à l'aristocratie d'ancien régime - ont poussé le paternalisme à l'extrême. Ponts, écoles, églises, hôpitaux, « cantine », « économat » ... , rien qui dans leur fief d'Hayange (Moselle) ne porte le « W » de la famille Wendel, rien au Creusot qui n'ait été financé par les Schneider.

 

Les descendants de ces magnats de l'acier - le plus célèbre étant Ernest Antoine Sellières, héritier de la holding Wendel Investissement - se targuent des oeuvres paternalistes de leurs aïeux, et n'ont ainsi aucun scrupule à se présenter comme une sorte de « patronat social ». Mais sous ses faux airs d'organisation philanthropique, l'UIMM n'est rien de plus qu'un lobby, qu'un simple groupe de pression. Et alors qu'autrefois leur principal levier était le chantage à l'emploi, leur puissance est de nos jours principalement financière.

 

Cependant ne soyons pas surpris que les organisations patronales pratiquent le lobbying, elles l'ont toujours fait, déjà Trotski écrivait en 1935 une page mémorable à ce sujet :

« L'organe du Comité des Forges stigmatise les intérêts particuliers ! Le Comité des Forges met au service de ses intérêts toute la presse française. Pas un seul journal radical n'ose, par exemple, rien publier sur la terreur fascisto-cléricale qui sévit dans les hôpitaux du Comité des Forges contre les ouvriers révolutionnaires : s'ils sont identifiés comme tels, on les jette dehors à la veille même d'être opérés. Le directeur - radical-socialiste, franc-maçon ou autre - d'un journal démocratique vous répond : " Je ne peux rien publier; l'an dernier, pour un entrefilet contre quelqu'un du Comité des Forges, mon journal a été privé par Havas de vingt mille francs de publicité. " Comment dès lors l'organe officieux des De Wendel ne stigmatiserait-il pas les " intérêts particuliers " au nom du bien-être national ! »

 

S'ils possèdent encore dans l'ombre quelque influence, les Maîtres de forges ont néanmoins perdu ce qui faisait leur splendeur, leurs châteaux sont en ruine, leur chiffre disparaît des constructions et leur nom ne fait guère plus frémir... Ainsi j'aime à croire qu'il ne reste plus aux anciens nababs qu'à pleurer la France d'antan, celle dont ils étaient les nouveaux aristocrates, celle où jamais un fils d'ouvrier n'aurait pu étudier à l'ESSEC.

 

La France d'antan ?

 

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17/04/2008


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Commentaires

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Bel article, meme si je ne suis pas tout a fait d'accord sur le fond. Il permet neanmoins d'evaluer a quel point la liberte d expression, et la diversite sont des elements fondamentaux a l'ESSEC.

20/11/2007 03:16:00 - george best

Il faut le voir pour le croire ! se faire traiter de nabab dans un article citant Trotsky sur le site des élèves de l'ESSEC, c'est fort ! Mais votre article est tissé d'âneries. Ainsi l'UIMM n'est en rien l'héritière du Comité des Forges, qui a continué à vivre séparément à côté de l'UIMM jusqu'à sa dissolution par Vichy. Quant à condamner un syndicat patronal parce qu'il se comporte comme un organisme de lobbying ... je veux bien qu'on soit naïf mais tout de même : n'est-ce pas l'objet-même d'un syndicat patronal ? Ce genre de rhétorique ne sent pas bon : c'était autrefois la spécialité des groupes d'extrême droite les moins sympathiques. Dommage pour l'ESSEC, si cet article traduit le niveau et les idées de ses étudiants. Humbert de Wendel - ESSEC 1981

20/11/2007 09:13:00 - Humbert de Wendel

Comme Thiers en son temps, je répondrais volontier à notre descendant des De Wendel : "Moi monsieur, je ne descends pas, ... je monte !"

22/11/2007 17:58:00 -

Avec mes encouragements. Mais pourquoi ne pas commencer par inventer vos propres mots d'esprits?

23/11/2007 09:01:00 - Humbert de Wendel

Avec mes encouragements. Mais pourquoi ne pas commencer par inventer vos propres mots d'esprits?

23/11/2007 09:02:00 - Humbert de Wendel

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