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Après la domination écrasante des Ferrari en 2002, la saison 2003 est marquée par le retour du suspense : grands prix indécis, classement mondial serré? Tentative d'explication de ce renouveau.
Audiences en baisse, désaffection des sponsors, grognes des (télé)spectateurs : tous les symptômes de la crise qui frappait la F1 l'an dernier se sont estompés comme par miracle cette année. Bernie Ecclestone, le grand manitou de la F1, et la FIA crient victoire et attribuent volontiers ce succès aux réformes du règlement mises en place cette année. Chacun entend midi sonner à sa porte?
Les réformes : miracle ou mirage ?
Certaines réformes ont certes ajouté du piment à la course, à commencer par le parcage des voitures entre les essais et la course. Concrètement, il est impossible de faire des retouches comme ajouter de l'essence sur sa voiture dans cet intervalle. Ainsi la stratégie devient primordiale : la voiture qui a choisi une stratégie à 2 arrêts en course aura plus d'essence dès les essais que celle qui a décidé d'en effectuer 3. Logique. Elle sera donc moins rapide aux essais : avoir la voiture la plus rapide ne suffit plus pour avoir la pôle. Finies les cascades de pôle de Schumi et Montoya, qui, lui n'en profitait pas en course !
Une réforme, plus spectaculaire celle-ci, a plus encore relancé le suspense : celle des essais. Les F1 n'effectuent désormais plus q'un seul tour aux essais : les surprises sont donc légion. Et les calculs ne manquent pas... Il est plus intéressant pour les ténors d'assurer aux essais plutôt que de prendre tous les risques. Les outsiders, eux, ne craignent rien et tentent le tout pour le tout, ce qui peut leur valoir la pôle. Idéalement placés pour la victoire au Grand Prix, ils deviennent à leur tour des prétendants au titre. Cette année, Montoya a bénéficié de cette opportunité pour revenir en quelques Grands Prix dans la course au titre.
En revanche, on peut être plus sceptique quant à l'impact de la nouvelle attribution des points. Point positif, elle empêche les écarts au championnat de se creuser trop vite. Mais, revers de la médaille, elle n'encourage pas les pilotes à viser à tout prix la victoire. Jouer placé est souvent l'option choisie par les leaders, à l'image de Schumi. A la clé, une bataille pour la première place plutôt rare cette année aussi.
La loi du sport, bien sûr
Ces réformes profitables sont pourtant largement insuffisantes pour expliquer le suspense haletant de cette saison. Mises en place un an plus tôt, elles n'auraient certainement pas empêché les Ferrari d'écraser l'an dernier la concurrence tant leur domination en course était impressionnante. Il faut sans doute cherche l'explication ailleurs c'est-à-dire dans les progrès effectués par les autres écuries, qui ont su combler leur retard sur Ferrari.
En travaillant d'arrache pieds tout l'hiver, Williams et Mclaren ont su revenir au niveau de la Scuderia, ce qui n'était pas une mince affaire. Plus fort encore, alors que les observateurs leur promettaient le pire, les deux écuries ont largement su tenir tête à la nouvelle Ferrari, la F2003-GA. Bien aidées en cela par l'éclosion attendue de Raikkonen au volant des Flèches d'Argent. Et aujourd'hui, c'est même l'équipe italienne qui doit mettre les bouchées double ! Ajoutons à cela les progrès remarquables faits par Renault, qui lui permettent d'être à ce jour la 4ème écurie du plateau. Alonso et Trulli ne sont-ils pas venus plus d'une fois titiller les tout meilleurs ?
Ainsi, on ne peut que se réjouir de voir que c'est bel et bien l'aspect sportif qui a triomphé : Ferrari n'est pas victime d'un règlement instauré contre elle mais des progrès de ses adversaires. Comme quoi, il n'était pas besoin de mettre en place les réformes ridicules envisagées l'an passé (alourdir certaines voitures, tournante des pilotes)?
18/08/2003
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