Sujet sulfureux: les dessous d'une profession méconnue: escort-boy! Et ses conséquences dans la vraie vie...
Date de sortie : 01 Octobre 2008 Réalisé par Josiane Balasko Avec Nathalie Baye, Eric Caravaca, Isabelle Carré Plus... Film français. Genre : Comédie dramatique Durée : 1h 45min.
Josiane Balasco a traité un sujet qui n'est pas vraiment marrant, la prostitution masculine. Cela, c'est plutôt original, et treize ans plus tôt, elle avait réalisé un film sur l'homosexualité féminine (Gazon maudit), comme quoi elle aime les sujets à problèmes. Cela ne nous étonne pas, quand on la connaît, avec son célèbre petit sourire en coin. De plus, elle a traité d'un sujet hélas bien connu qui en est souvent sa conséquence, l'infidélité masculine, ce qui est franchement plombant.
Et pourtant, en navigant dans cet univers sombre, ella a évité de sombrer dans le pathologique. Pour y arriver, la musique reste le meilleur recours - nul doute, elle aide à vivre! Les scènes difficiles pourraient porter à l'apitoiement, mais elles se trouvent ainsi soulevées par des airs joyeux: il n'y a pas une minute de lourdeur dans ce film sympathique. En tout cas, rien à redire sur ces "soeurs fâchées" (parfois), la deuxième étant Nathalie Baye, la "cliente", pas du tout comme on aurait pu l'imaginer: la cinquantaine, séduisante, divorcée, avec de l'humour, dynamique et volontaire. Elle craque pour un solution de passage, un jeune homme séduisant nommé "Patrick" qui lui offre une fleur: il s'agit en fait d'un escort-boy.
Et c'est classique, on a là un cas de Pretty woman à l'envers: la cliente s'attache, moins cynique qu'il n'y paraît, et en s'offrant les services de Patrick, elle apporte sans le savoir sa contribution financière à un jeune couple et sa famille, les aidant à s'en sortir. Money, money, money, comme le chantait Abba...
La devise de la cliente s'affiche sans ambiguïté: 300 euros pour un orgasme garanti... mais après? Malgré le ton plaisant, Cliente n'offre pas de profondes révélations sur l'existence, c'est une des choses qu'on peut lui reprocher: à peine les thèmes sont-ils effleurés, la solitude des femmes de 40-50 ans, par exemple. Et puis, il faut avouer que le comédien Eric Caravaca, bien qu'acteur remarquable, apparaît peut crédible en tant qu'escort-boy. En fait, disons que tout le film manque de cette crédibilité...
Ces soeurs sincèrement attachées, s'occupant ensemble d'une entreprise de télé-achat, poursuivent néanmoins des destins opposés: l'une s'épanouit, Josiane Balasko, avec un homme assez particulier, un Indien d'Amérique authentique, et l'autre dépérit, Nathalie Baye. Les sentiments commencent à naître entre elle et son escort-boy, et il n'est plus question d'argent entre eux. Dans cet imbroglio, elle finit par se retrouver dans la situation des femmes amoureuses d'un homme marié: le classique trio amoureux peu enviable. La femme de Patrick (Marco dans la vraie vie), jouée par Isabelle Carré - qui reprend un peu toujours ce même rôle, le genre de femme gentille, banale, au bord de la crise de nerfs - finit par apprendre la vérité: elle prétend être d'accord avec ce que fait son mari, mais elle finit par perdre les pédales. Elle va rencontrer la cliente et la harcèle en douceur. Ses visites sont déplacées et gênantes: un combat intérieur, caché sous l'apparente politesse, commence entre deux femmes prêtes à tout pour rester avec le même homme.
Alors, cet homme devient-il la victime de toute cette histoire? On pourrait tomber dans le piège et le plaindre de devoir fonctionner comme une cash machine, sans qu'on s'intéresse vraiment à lui... Sa femme coiffeuse exige beaucoup de lui et la belle-famille semble acariâtre. A noter, l'utilisation intéressante de la caméra personnelle, en alternance dans le film avec la caméra objective. C'est en fait la belle-soeur de Marco qui filme. Mi-punk, mi-gothique, et difficile à vivre avec ses crises (une ado quoi), cette rebelle raffole du psycho-drame qui est en train de se jouer sous ses yeux: la crise d'un couple. L'intérêt de ce film se trouve donc dans le traitement amusant d'un sujet social, même si la comédie socio-romantique devient trop abondante dans le cinéma français.
On peut reconnaître à Mme Balasko d'avoir le cran de bousculer les tabous. D'ailleurs, elle avait écrit un roman avec le même titre, sujet (choquant) en librairie, la raison de ce film.
- Votez pour cet article sur Wikio (le clic suffit !)
08/10/2008
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :
La rubrique cinéma, en partenariat avec Cinéquanon, vous fait découvrir les sorties du moment et les films cultes à voir et à revoir.
Simples cinéphiles ou véritables mordus du cinéma, vous voulez écrire un article sur un film ou nous aider à faire vivre la rubrique et rejoindre notre équipe de rédacteurs: