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Les films de l'année 2007

Un homme perdu

Un homme perdu

Date de sortie : 19 septembre 2007
Réalisé par Danielle Arbid
Avec Melvil Poupaud, Alexander Siddig, Darina Al Joundi
Film français. Genre : Drame
Durée : 1h 37min.


Un homme perdu, ça commence bien, on se dit qu'il y a quelqu'un derrière la caméra, qu'il y a des choix esthétiques, quelque chose qui passe quoi (on apprend à la fin que le film est éclairé par Céline Bozon), et puis très vite on comprend qu'on a eu cette impression à cause des bandes annonces de films français vus avant le film (un film avec Emmanuelle Devos et Gérard Darmon), et qu'on a ici affaire, quelle déception, à un film confortable et conformiste qui n'a que l'apparat de la marginalité et du culot.

 

La faute à un scénario parfois grossier (les noeuds scénaristiques téléphonés qu'on aurait pu s'épargner, et qui encore une fois font du scénario un prétexte à un sujet (ici la rencontre entre deux hommes) - exemples: 1) Poupaud a perdu le libanais qui vient de lui faire un sale coup, scène suivante il le cherche, scène d'après il est dans un taxi et regarde la route défiler, il semble penser au libanais et paf comme prévu il le voit par hasard dans la rue à travers la vitre et va pouvoir le retrouver 2) à la fin du film, engueulade entre les 2 amis à propos du secret du libanais qu'il refuse de dévoiler, du coup séparation, tristesse et solitude, et paf comme prévu scène suivante le libanais revient brusquement et enfin dévoile son secret 3) j'en passe. La faute surtout à une désagréable impression que le film n'en est pas un, mais est plutôt une démonstration. L'exemple le plus frappant est le traitement de d'Agata, le photographe joué par Poupaud: sa dimension marginale et perverse (en gros il photographie des prostituées pendant qu'il leur fait l'amour) n'est jamais problématisée, au lieu de quoi l'esthétisation extrême de ces séquences de sexe/photographie, ainsi que la beauté si évidente des femmes, leur douceur et leur consentement jamais interrogés, tout ça place d'emblée le travail de d'Agata sur un plan purement poétique, en excluant toute contestation, toute dialectique; du coup le film perd en force, agace en ayant un avis pour nous et tient effectivement de la démonstration, ce qui n'est jamais très agréable.

 

Reste Poupaud (décidément, il y aurait de quoi dire quant à la résistance des bons acteurs dans les mauvais films), et un peu la première prostituée qu'il rencontre, au physique incroyable. Le reste, c'est vu et revu (la rencontre de deux hommes comme la rencontre de deux mondes, que tout semble séparer et qui pourtant vont parvenir à s'apprivoiser l'un l'autre, en même temps que chacun va peu à peu renvoyer à l'autre le reflet de sa propre solitude), c'est étrangement de moins en moins bien éclairé (la propreté lisse et cheap des scènes de bars et de danse, qui, de même que l'excès d'esthétisation dans les scènes de sexe, est un parfait anesthésiant à l'excitation) ; surtout, on peine à y croire tant encore une fois le film ne ressemble qu'à un laborieux chemin à parcourir dont on connaît dès le départ la fin et la finalité, tant est prégnant le sentiment que le programme se déroule sans nous et de façon autonome, tant les digressions ne sont que des artefacts de digressions qui n'existent que pour justifier que reprennent encore et toujours le récit, implacable, et sa résolution.

 

Note finale: cinema/note1.gif


04/10/2007


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