un film de Sam Mendes avec Kevin Spacey, Anette Bening, Thora Birch, Wes Bentley, Mena Suvari, Chris Cooper, Peter Gallagher. La face cachée de l'American Dream...
En apparence, Lester et Carolyn Burnham forment un ménage heureux, avec leur ravissante fille Jane. Ils ont une belle maison, un beau jardin, dans la belle banlieue de Chicago, avec deux très belles voitures. Mais ce n'est qu'en apparence. Regardez de plus près. Carolyn vit dans la superficialité pour oublier la morosité de sa vie et de son métier (agent immobilier). Jane est mal dans sa peau et ne parle plus à ses parents. Et Lester, notre héros, a un job pourri, une vie sans saveur et ennuyeuse, d'une certaine façon il est déjà mort. Car Lester va mourir (il nous l'apprend au début du film ; la narration est post mortem) et pendant l'année qui lui reste à vivre, il va sortir de la « prison » qu'il s'est construite pendant plus de vingt ans pour retrouver la fraîcheur et le bonheur de ses jeunes années. Le déclencheur de cette crise de la quarantaine est une majorette, une Lolita du nom d'Angela Hayes, meilleure amie de Jane. Pendant plus d'une heure et demie on assiste à une sorte d'éclosion : Lester sort de sa coquille, il n'est plus ce « loser » que déplorent sa femme et sa fille mais « an ordinary man with nothing to lose ». Après avoir fait chanté son ex-employeur, et ainsi touché de confortables indemnités de départ, il effectue un véritable retour aux sources (employé dans un fast food !) et passe ses journées à faire du sport (pour être beau tout nu). Il (re)développe un goût pour les joints d'herbe fournie par son nouveau voisin le jeune Ricky Fitts. Ricky est un garçon solitaire et mystérieux, particulièrement attiré par Jane. Il vit dans une famille qui n'en est pas une, avec une mère transparente et un père violent et homophobe. De son coté Carolyn n'est pas en reste : désespérée par son loser de mari elle se fascine pour le meilleur agent immobilier du coin, Buddy Kane . Elle tombe d'ailleurs rapidement dans son lit (réplique culte : « Fuck me your majesty ! »). Pendant ce temps Jane, au début effrayée par Ricky (qui se trimballe en permanence avec sa caméra DV et la filme à son insu ) commence à ressentir un je-ne-sais-quoi pour ce jeune homme si marginal.
Beaucoup ont vu dans le premier film de Mendes un simple portait au vitriol de la société américaine. Et ils n'ont pas tort, d'une certaine façon, American Beauty est la face cachée de l'American Dream. Il montre ce qu'il peut y avoir derrière la beauté apparente de ce doux pays (la variété de roses cultivées par Carolyn est appelée American Beauty, vous saisissez la métaphore?). Chacun se sert de ce qu'il a de plus valorisant pour oublier sa tristesse, son manque de sens. Pour Angela, c'est bien sûr son physique. Pour Carolyn, c'est son emploi. Et pour Lester ? Absolument rien mais l'avantage est qu'il est conscient de la platitude de sa vie. Il ouvre les yeux sur tout : sa femme ennuyeuse, son hypocrite de patron, sa fille qui le déteste, son job bien pourri. Il se rend compte que l'aspect matériel de son existence, sa maison, sa voiture, son canapé, ne valent rien, ne sont qu'un masque déstiné à donner un sens à sa vie..en vain. Et c'est là que le film dépasse la simple critique du rêve américain. Il raconte aussi l'histoire d'un réveil, celui de Lester. Au début il est un espèce de mollasson, courbé sur lui-même, laissant sa vie lui passer sous le nez. Il est un être en vase clos, et la réalisation de Mendes renforce cette idée : la première partie du film donne un sentiment d'étouffement, les scènes en intérieur sont nombreuses et les cadrages très serrés. Puis Lester gagne confiance en lui, remet son emmerderesse de femme à sa place, il se redresse, il sépanouit. A partir de là le film s'aère, les plans sont plus larges, l'impression d'emprisonnement s'estompe car Lester est libre. Il évolue dans un monde mi-réel, mi-fantasque où il peut enfin s'épanouir et redevenir un vrai babacool (le sexe en moins). Essai transformé pour Mendes qui signe une très belle réalisation. On peut trouver l'ensemble classique (personnellement je trouve la réalisation très ambitieuse et moderne) mais on ne peut lui reprocher son manque d'efficacité.
L'astucieuse mise en scène de Mendes ne serait rien sans le travail de son directeur de la photographie, Conrad L. Hall (un génie du septième art). Les images qu'il a composées pour American Beauty sont de toute beauté. Aucun élément n'est laissé au hasard, chaque trait de lumière, chaque zone d'ombre, chaque bouquet de roses (il y en a dans de nombreux plans, chacun l'interprétera à sa façon) est à la bonne place et fait de chaque image une véritable oeuvre d'art. Sa manière d'éclairer les visages, de tamiser les intérieurs, de donner à la pluie un rendu si irréel fait d'American Beauty une réussite visuelle incomparable (oscar de la meilleure photo). L'ambiance du film doit beaucoup à ce grand homme du cinéma qui a travaillé par la suite avec Mendes sur Les Sentiers de la perdition, et qui est décédé au début de l'année 2003. La musique de Thomas Newman est également une des réussites du film et donne un vrai cachet (comme disent les Anglais) à ce bijou.
On garde le meilleur pour la fin. C'est bien sur Kevin Spacey (oscar mérité) qui livre ici sa meilleure performance d'acteur. Il est bluffant dans la peau de Lester, on le sent changer physiquement et évoluer au fil de son personnage. Il a quelque chose dans la voix qui rend les monologues qui ouvrent et ferment le film particulièrement apaisants et touchants. Les autres acteurs ne sont pas en reste. Anette Bening est excellente en chieuse de catégorie mondiale, totalement matérialiste et désespérément malheureuse. Les « teenagers » sont tous les trois très bons, avec une mention spéciale à Wes Bentley alias Ricky Fitts. Mon coup de coeur va à Chris Cooper (oscarisé en 2003 pour Adaptation de Spike Jonze) qui joue Franck le père de Ricky. Il est d'une justesse incroyable dans un rôle particulièrement difficile, un ex-marine américain complètement obsédé par l'autorité et le respect qui n'inspire au final que la pitié.
Vous trouverez peut être mille et un défauts à American Beauty, mais c'est une oeuvre si bien écrite, si bien jouée et si bien filmée ! Lester c'est un peu un Bovary moderne sauf qu'il se rend compte qu'à un moment de sa vie il a laissé passer quelque chose (au lieu de se suicider comme cette idiote d'Emma B.). Quand Steven Spielberg (qui a le premier pensé à Mendes pour la réalisation) a vu le film il a déclaré au réalisateur : « Sam, you've just made a classic movie ». Et là tout est dit.
29/08/2005
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :
Votre critique est au comien réelle et lucide. J'éspère que vous pourrez m'aider d'ailleurs : Je recherche désespérément le titre de la musique de fond d'American Beauty, au moment où Angela vient de se disputer avec Jane et que Lester vient la réconforter en lui proposant de la bierre. A ce moment là Angela vient de mettre de la musique et je recherche le nom de cette musique (vers 1h38 par là). Si vous pouviez me mailer pour me le dire je ne trouve vraiment pas et cette musique aporte vraiment une ambiance exquise à la scène.
Non, c'est American Woman du groupe The Who.
Pour la musique de fond, je l'ai trouvé dans un album de Chill musique, Any Other Name/Deadalready... (via Itunes, dans musique de films)
Slt
pourriez vous m'aider svp!
Je cherche le titre de la chanson que les deux filles écoutent quand lester espionne derriere la porte de sa fille, c'est Angela qui avait mis ça sur la chaîne hifi.
J'espere que vous pourrez m'aider, ce titre apparait aussi ds Roswell lorsque Liz et Max s'embrassent pour la premiere fois sur le toit de l'immeuble
Merci bcp
c'est une chanson des Beatles extrait de l'album ABEY ROAD , le chanteur : Paul Mac Cartney ? à moins que :
John Lennon (voix, guitare) s'y soit mis ou George Harrison (guitare, voix)
Salut, je recherche le titre de la chanson qui parle de "confusion" dixit "There too much confusion". Cette chanson a également été utilisée dans Battletar galactica (saison 3 episode 20).
Quelqu'un peut-il m'aider SVP?
Pour répondre à Guy, c'est Paul McCartney, George Harrison et John Lennon qui chantent dans Because, c'est une harmonie à 3 voix (désolé de changer un peu de sujet)
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Votre critique est au comien réelle et lucide. J'éspère que vous pourrez m'aider d'ailleurs : Je recherche désespérément le titre de la musique de fond d'American Beauty, au moment où Angela vient de se disputer avec Jane et que Lester vient la réconforter en lui proposant de la bierre. A ce moment là Angela vient de mettre de la musique et je recherche le nom de cette musique (vers 1h38 par là). Si vous pouviez me mailer pour me le dire je ne trouve vraiment pas et cette musique aporte vraiment une ambiance exquise à la scène.
30/09/2006 18:34:00 - Phil de la Playa