"C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ! "
de Georges Lautner
Tout le monde ou presque l'a déjà vu et revu, mais il ne lasse jamais. La première chose qui nous vient à l'esprit sont les dialogues de Michel Audiard, qui allient l'argot tout droit sorti de la méthode à Mimile à des constructions de phrases emphatiques. A cet égard, le personnage plus virulent est sans conteste Bernard Blier, alias Raoul Volfoni qui, sortant de ses gonds, entonne le refrain suivant : "Alors, y dors le gros con ? Ben y dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule. Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban. J'vais l'renvoyer tout droit à la maison mère, au terminus des prétentieux." A ses côtés, plusieurs phénomènes lui donnent la réplique : Ventura, que l'air de la retraite n'a pas assagi et qui, derrière une froideur et un calme apparent, cogne à tout va; Francis Blanche, alias Maitre Folace, dont l'honnêteté mafieuse n'a d'égale que son goût affirmé pour le vitriol du Mexicain; A l'ombre de cette panoplie de mafieux, Patricia (Sabine Sinjen) prône la jeune étudiante naïve et amoureuse de son Antoine (Claude Rich), artiste dans l'âme que la brutalité et la vulgarité de Fernand Naudin (Ventura) ne peut que choquer au plus haut point, ayant été élevé dans la plus pure tradition de respect et d'autorité snob. Evidemment j'en oublie, évidemment, je passe à côté d'autres grands acteurs et à côté de dialogues percutants, mais que voulez-vous ? Ce film ne se raconte pas, il se regarde avec délices.
29/08/2005
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