CONNEXION horloge Bonjour, invité mail
 

Home > Cinéma > Reprises > Toutes les reprises > Un petit tour dans les salles

Toutes les reprises

Un petit tour dans les salles

Un petit tour dans les salles

Les plus grands films à la portée de chacun pour peu que l'on veuille bien s'en donner la peine.


Un nouveau type d'article, face auquel beaucoup vont crier à l'infamie. Plusieurs films dans une même critique, des films qui n'ont a priori rien à voir entre eux et qui mériteraient chacun bien plus qu'un article étant donnée leur qualité. Certains parleront de flemme, il m'est plus exact de parler d'invitation. Invitation à se plonger dans les salles obscures injustement ignorées du 5ème et du 6ème arrondissement, invitation à découvrir des chefs-d'oeuvre du cinéma, trop souvent passés à la trappe au profit d'immondices commerciales.

Commençons par le plus grand de tous, un des plus beaux films : Permanent Vacation, premier film de Jim Jarmusch (1983). L'histoire d'un gars de 20 ans, tournée en noir et blanc, sans objectif, déambulant dans les rues et sur les toits, fasciné par le jazz et le blues, virevoltant et s'envolant au moindre murmure d'un saxophone ou d'une trompette. Véritable ode au jazz, Jarmusch raconte en métaphores l'histoire d'un saxophoniste imaginaire, confronté à l'effet Doppler, qui rythme sa vie sur celle de Tuco - le truand du Bon, la brute et le truand de Sergio Leone - errant, survivant malgré une mort planant au-dessus de lui ; mort que chacun peut administrer à sa guise, en témoigne la superbe réplique du jeune garçon, assis sur un toit, pointant vers la caméra sa main en forme de pistolet : "This gun is my legislative gun... No... This gun is my legislative power !" Un chef-d'oeuvre. Jarmusch signe aussi un autre film en ce moment, Down by law, une errance dans les prisons du bayou, d'où Benigni, petit malfrat ridicule parlant à peine anglais s'évade en compagnie de deux pauvres types, l'un maquereau, l'autre ancien présentateur de radio. Une fuite toujours en noir et blanc vers n'importe où, un moment de confrontation de trois personnages aussi surprenants que paumés. L'occasion de retrouver le réalisateur de Dead man et Ghost Dog dans des petites merveilles du grand écran.

Autre chef-d'oeuvre : Scarface, de Howard Hawks (1932), véritable mythe du film de gangster. Des acteurs absolument exceptionnels, un Scarface aussi amusant que dangereux, dont les mimiques continuelles magnifient la puissance. Tony Camonte, garde du corps sans véritable pouvoir, profite d'une amorce de guerre des gangs pour prendre le contrôle de la vente illégale d'alcool. Entre conflits d'influence et conflits familiaux, Scarface impose son emprise sur tout ce qui l'entoure, tout en gardant des éclats de rire quand la situation s'y prête. Conquête du pouvoir, apogée et décadence d'un truand magnifique, Scarface reste aujourd'hui sans égal.

Changeons de thème : la vengeance. Deux films se disputent son développement. Fury (1936), premier film de Fritz Lang aux Etats-Unis, et High Plains Drifter (1973), de et avec Clint Eastwood. D'une part, la vengeance d'un homme devenu fou contre l'emportement irréfléchi d'une ville qui a voulu sa mort, d'autre part vengeance d'un vagabond cruel, l'homme sans nom, là-aussi contre une ville qui, par son impuissance, l'a tué. Les deux films incriminent la ville comme foule faible et irresponsable, comme unité passant outre les individualités. Là où les deux films divergent radicalement, c'est sur le personnage principal. Dans Fury, Spencer Tracy, véritable mort-vivant monstrueux sans foi, est sauvé par sa femme qui le ramène à la raison. A l'inverse, Clint Eastwood, reprend le personnage qu'il incarnait dans les westerns de Leone et dans l'Inspecteur Harry, de Don Siegel, dont il signera d'ailleurs les épisodes suivants, un anti-héros cruel, sans foi, sans objectif sinon sa propre vengeance, qui passe par tous les moyens. Nous ne savons jamais qui il est et dans quelle mesure il a droit à cette vengeance implacable qu'il dégaine si rapidement. La cruauté de Clint Eastwood s'applique en outre à l'ensemble de la ville - qu'il fait d'ailleurs repeindre en rouge et la renomme HELL - tandis que celle de Tracy est plus limitée, à une vingtaine de personnes seulement. Tracy fait une erreur mais d'en rend compte avant qu'il ne soit trop tard, Clint Eastwood ne fait que passer, telle la mort inflexible et indestructible, et ne semble trouver aucun apaisement dans son geste.

A l'occasion de la mort d'Elia Kazan, ces oeuvres peuvent également être visionnées : America, America, véritable autobiographie narrant le départ d'un jeune homme, admirablement incarné par Stathis Giallelis de sa terre natale pour l'Amérique, terre idyllique où la pauvreté n'existe pas et où tout brille. Un homme dans la foule, de manière différente, raconte l'ascension et la décadence d'un vagabond au rang de parangon télévisuel et radiophonique. Satyre du star-system, Kazan exploite les talents d'un acteur resté inconnu, Walter Matthau.
Et dire que certains paient le double pour des films dont, grâce à certains critiques avisés, on connaît par avance la fin, et sans laquelle le film n'a pas d'intérêt.


Faites part de vos suggestions sur le Forum Cinéma


29/08/2005


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :

puce The Ladykillers
puce Quand Harry rencontre Sally
puce Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours
puce Dead Man Walking (la Dernière marche)
puce Nos Films Cultes : Une histoire vraie

Poster un commentaire


Rechercher une séance


Edito

cinema/cinema.jpg

puce La rubrique cinéma, en partenariat avec Cinéquanon, vous fait découvrir les sorties du moment et les films cultes à voir et à revoir.

cinema/cinequanon.jpg

puce Simples cinéphiles ou véritables mordus du cinéma, vous voulez écrire un article sur un film ou nous aider à faire vivre la rubrique et rejoindre notre équipe de rédacteurs:

Ecrivez à cinema@esseclive.com

N'hésitez pas, si vous avez des réclamations, des suggestions, le nouveau forum est là pour ça!!!

http://forum.esseclive.com/

cinema/esseclive-patte.gif

Partenaires

société générale