Loin du réalisme trivial qui l'a fait connaître, John Steinbeck a su transmettre dans ce roman tout le tragique de la vie d'un homme qui s'était fait boucanier pour rester enfant et que la réalité a rattrapé et forcé à devenir adulte.
La Coupe d'Or, c'était Panama, la ville fortifiée d'où partait chaque année le tribut que ses colonies versaient à l'Espagne, la ville qu'aucun boucanier anglais, français ou hollandais n'avait encore osé attaquer en 1660. Et au milieu vivait une femme aussi belle que le Soleil adorée par toute la mer des Caraïbes sous le nom hermétique de Santa Roja. Une beauté qui éveilla même l'avidité du terrible pirate Henry Morgan, parti de son pays de Galles natal à 15 ans dans l'espoir de trouver au-delà des mers cette chose inaccessible qu'il cherchait depuis toujours. Mais, las, la prise de Panama en mettant fin à la fortune du comptoir espagnol mit aussi fin à la quête d'inaccessible du jeune Morgan ramené brutalement à l'âge adulte : Panama n'était qu'une ville mise à sac, la Santa Roja une beauté ordinaire qu'il n'aimait pas, qui le méprisait et que son mari n'aimait que parce qu'elle était l'héritière de dix mines d'or. Revenu de son expédition, Morgan ne serait plus qu'une ombre humaine fuyant les scènes de ménage.
Le premier roman de John Steinbeck paraît à mille lieues de ceux qui feront sa célébrité. Roman historique, la Coupe d'Or est aussi, est surtout un roman tragique sur l'impossible quête de l'inaccessible, sur l'illusion et la dissipation de l'illusion, sur le rêve et sur la fin du rêve. Un roman sur la seconde qui fait d'un adolescent épris d'absolu et dont le regard brille une ombre vieillarde aux yeux mornes prisonnières des réalités. Un roman qui préfigure un peu Caligula d'Albert Camus. Comme Caligula, Henry Morgan désire la Lune, une chose inaccessible et dont il n'entrevoit pas la nature. Comme Caligula, Morgan a une volonté de fer et un esprit prêt à toutes les cruautés pour atteindre son but ignoré. Comme Caligula, le retour à la lucidité adulte et la perte de son rêve laisse Morgan sans vie, à peine plus qu'une mâne en peine errant sur les rives du Styx. Le décor est traité de manière inégale : les Caraïbes disparaissent derrière le destin de Morgan, le Pays de Galles de l'enfance prend au contraire une dimension fantasmatique magnifiée par les souvenirs de Morgan. Malgré un héros pirate, la Coupe d'Or n'est qu'à peine un roman d'aventures ou de marin enrichi d'une réflexion sur la condition humaine, c'est une réflexion profonde sur la condition humaine enrichie d'aventures.
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Le roman de l'été
Pontoise est une ville d'art et d'histoire. Son château, sa cathédrale, son carmel, ses souterrains... De nombreux trésors peuvent y être visités.
Lars Christiansen, citoyen danois expatrié dans le Vexin français, pense avoir fait une découverte supplémentaire sur le passé de la ville: et si Pontoise, si prospère au Moyen-âge, abritait aujourd'hui encore le secret de la fortune de Nicolas Flamel, le plus célebre des alchimistes, natif de la ville?
La théorie peut sembler farfelue, mais Lars s'emploie à la démontrer. Aussi, quand celui-ci est brutalement assassiné, le commissaire de Cergy engage son enquête sur un terrain glissant, où fouiller dans l'ésotérisme du quatorzième siècle est peut-être la piste la plus sensée pour remonter jusqu'au criminel...